dimanche 10 mai 2026

Grand Prix du Morbihan 2026 : Benoît Cosnefroy recordman et vainqueur pour la 4e fois à Plumelec


Par la Redaction le 9 mai 2026

Today Cycling

Benoît Cosnefroy (UAE Team Emirates XRG) a dompté pour la 4e fois la Côte de Cadoudal ce 9 mai 2026, devenant le recordman absolu du Grand Prix du Morbihan devant Julien Simon. Le Normand de 30 ans a foudroyé Noa Isidore et Paul Lapeira (Decathlon CMA CGM) grâce à une attaque ultra-précoce à 300 mètres, malgré une semaine marquée par le deuil.

Dans un sprint d’homme seul, Benoît Cosnefroy entre dans la légende de Cadoudal et éteint l’armada Decathlon

Pourquoi Benoît Cosnefroy est-il devenu le maître incontesté de Cadoudal ?

Benoît Cosnefroy et la Côte de Cadoudal, c’est une histoire d’amour qui défie les statistiques. En s’imposant ce samedi 9 mai 2026, le Normand ne s’est pas contenté de lever les bras : il a inscrit définitivement son nom dans le marbre breton. Avec 4 victoires (2019, 2024, 2025, 2026), il dépasse le palmarès de Julien Simon et devient le seul recordman de cette manche de la Coupe de France FDJ United Series.

La clé de cette domination ne relève pas du hasard. Le tracé de Plumelec, avec son mur final d’1,4 km à 5,6% de moyenne, exige un mélange rare de punch et de vélocité qu’il maîtrise à la perfection. Là où un pur grimpeur explose, là où un sprinteur massif s’asphyxie, Cosnefroy flotte. Avec un braquet capable de relancer un groupe de 29 coureurs tout en résistant au retour des fusées, il a fait du dernier kilomètre son jardin privé.

Cette année, le contexte changeait pourtant la donne. Sous ses nouvelles couleurs UAE Team Emirates XRG, qu’il a rejointes cet hiver, la pression de la première victoire commençait doucement à peser sur les épaules du vainqueur de la Bretagne Classic 2021. Un changement de garde-robe qui, parfois, met du temps à payer. Pas pour lui.

À quel moment précis la course a-t-elle basculé vers un 4e sacre ?

La course ne s’est pas jouée au sprint, mais bien 10 kilomètres avant la flamme rouge. Pour comprendre ce succès, il faut analyser le travail de sape de l’équipe émiratie, qui a délibérément durci l’épreuve dans les 30 derniers kilomètres. Selon les consignes données par Cosnefroy lui-même en course (« J’ai demandé à l’équipe de durcir« ), le peloton a explosé sous les coups de boutoir.

Comment l’équipe UAE Team Emirates XRG a-t-elle verrouillé la course ?

La mission était claire : rendre la course impossible pour les purs sprinteurs et isoler les clients de DECATHLON CMA CGM. Le premier fait marquant a été la défaillance de David Gaudu, en méforme, lâché à plus de 30 kilomètres du terme, une image forte qui confirme les difficultés de Groupama-FDJ United sur cette épreuve. Pendant ce temps, UAE contrôlait les multiples tentatives : Daniel Cavia (Burgos Burpellet BH) puis le Norvégien Simen Evertsen-Hegreberg ont vu leurs offensives mourir dans la répétition des ascensions.

Le piège s’est refermé à 8 kilomètres de la ligne, quand le dernier fuyard a été absorbé. Le scénario idéal pour un coureur qui avoue : « Je m’entraîne peu mais je cours beaucoup, et ça fonctionne plutôt bien. »

Pourquoi lancer son sprint à 300 mètres était-il un pari calculé ?

Là réside le génie tactique du jour. Alors que les Isidore et Lapeira attendaient probablement un sprint plus classique, Cosnefroy a senti le moment de rupture. Dans un virage négocié à la sortie parfaite, il a placé une attaque tranchante à près de 300 mètres de la ligne. Un choix qu’il a lui-même qualifié de risqué : « Je lance un peu de loin, j’ai eu l’opportunité, j’y suis allé. C’est sûr que j’aurais pu me faire remonter. »

Ce coup de force, c’est la marque des grands. Il a créé un différentiel de 10 mètres instantané. Noa Isidore, dans sa roue et poussé par le vent de la côte, a grignoté dans les derniers mètres sans jamais pouvoir déboucher. Paul Lapeira, en retrait, a dû se contenter de la troisième marche. Une démonstration qui rappelle comment Julian Alaphilippe savait faire exploser un peloton dans un faux-plat. La confiance a déplacé les montagnes et les pentes à 6%.

Comment la charge émotionnelle a-t-elle transcendé le champion normand ?

Derrière la froideur des watts et le cliquetis des dérailleurs électriques, la victoire de Cosnefroy a un visage humain bouleversant. Le coureur a dédié son succès à son grand-père, décédé durant la semaine précédant l’épreuve. « Un passionné de cyclisme » a-t-il confié, la voix serrée, après la ligne d’arrivée. Cet aveu post-course change la lecture de la performance : le coureur de 30 ans n’a pas couru seulement pour un contrat ou un palmarès, il a roulé pour un héritage familial.

Cette dimension psychologique rend la force mentale déployée encore plus impressionnante. Alors que ses leaders Adam Yates et Jay Vine étaient pris dans une chute effroyable sur le Giro, renvoyant une image d’inquiétude au sein du bus UAE, Cosnefroy, lui, a su couper la communication négative pour se concentrer sur ce kilomètre vertical breton. Une gestion des émotions digne d’un leader de Classique.

La suprématie de Cosnefroy sur les terres bretonnes vous semble-t-elle définitivement imbattable ?

Quatre victoires dont trois consécutives sur un circuit où le moindre gramme de force manquant se paie cash. Avec le renfort d’une équipe UAE taillée pour les Flandriennes et les Ardennaises, peut-on encore déloger ce Normand de la plus bretonne des classiques ? Son contrat rempli d’émotion transforme le sport en destin, mais l’émergence d’un Noa Isidore à seulement quelques centimètres ce samedi est un signal : la relève a faim.

Pensez-vous que l’émotion du deuil puisse durablement métamorphoser la saison d’un coureur en mission ?

Parfois, le vélo dépasse la science de l’entraînement. Cosnefroy dit s’entraîner « peu » mais courir beaucoup. Est-ce que la force puisée dans l’hommage rendu ce week-end peut le porter jusqu’au Critérium du Dauphiné, voire sur les Championnats de France ? La manière tranchante avec laquelle il a lancé son sprint, presque en état de grâce, suggère qu’un champion habité est bien plus dangereux qu’un champion simplement préparé.

Classement complet du Grand Prix du Morbihan 2026

  1. COSNEFROY BENOÎT, UAE Team Emirates – XRG les 190 km en 4:35:17 (41,4 km/h)
  2. ISIDORE NOA, Decathlon CMA CGM Team m.t.
  3. LAPEIRA PAUL, Decathlon CMA CGM Team m.t.
  4. GRUEL THIBAUD, Groupama – FDJ United m.t.
  5. VENTURINI CLÉMENT, Unibet Rose Rockets m.t.
  6. ZINGLE AXEL, Team Visma | Lease a Bike m.t.
  7. FERRON VALENTIN, Cofidis m.t.
  8. SHEEHAN RILEY, NSN Cycling Team m.t.
  9. VAN MOER BRENT, Pinarello Q36.5 Pro Cycling Team m.t.
  10. MARIAULT AXEL, CIC Pro Cycling Academy m.t.


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